Lac-à-Paul: des étapes clés


Le Quotidien
Éditorial, mercredi 27 août 2014, p. 12

Éditorial

François St-Gelais

Les prochains mois seront cruciaux quant à la concrétisation du projet minier d’Arianne Phosphate dans le secteur du Lac-à-Paul. D’ici l’automne prochain, les dirigeants de la société comptent peaufiner quatre grands axes qui constituent les dernières clés devant permettre de convaincre un ou plusieurs investisseurs d’injecter les sommes finales requises pour lancer la construction de la mine, un projet de plus d’un G$.

Dans ce contexte, la population du SaguenayLac-Saint-Jean, et le gouvernement du Québec, auront chacun un rôle important à jouer afin d’appuyer d’Arianne Phosphate et d’aider à rendre le projet acceptable en vue des audiences du BAPE et conforme, au maximum, aux attentes et aux besoins des Saguenéens et des Jeannois, tout en demeurant attrayant sur le plan économique.

L’atteinte de ce fragile mais nécessaire équilibre entre les impératifs économiques et la notion d’acceptabilité sociale constitue, sans contredit, avec le résultat des prochaines négociations avec les communautés autochtones de la région et de la Côte-Nord, les deux axes les plus sensibles de la démarche entreprise par Arianne Phosphate.

La minière a, en effet, le contrôle sur son plan d’exploitation et sur ses coûts de fonctionnement, des volets sur laquelle elle planche activement afin d’augmenter ses chances de réussir sa « grande séduction » auprès des éventuels clients et bailleurs de fonds internationaux.

Les discussions avec les autochtones et avec la communauté régionale demeurent, de par leur nature, bien plus difficiles à maîtriser. Par contre, il faut reconnaître qu’Arianne Phosphate a adopté, au cours de ses démarches, une approche constructive et respectueuse. La compagnie a multiplié les activités de concertation avec les citoyens concernés par le projet. Elle devra impérativement faire de même avec les communautés autochtones.

En entrevue éditoriale, lundi, le président du conseil d’administration, Pierre Fitzgibbon, et le chef de l’exploitation, Jean-Sébastien David, ont indiqué que les plans concernant le terminal de transbordement du minerai, qui prévoient la construction d’un quai sur la rive nord du Saguenay, entre Saint-Fulgence et Sainte-Rose-du-Nord, avaient été encore affinés afin de diminuer davantage les impacts potentiels de ces équipements. Les silos d’entreposage seront ainsi cachés dans la montagne et la longueur des convoyeurs devant conduire aux navires a été sensiblement réduite. Ces installations seront également érigées, selon ces plans, à plus de deux kilomètres de la résidence la plus proche.

À cet égard, Arianne Phopshate est toujours catégorique quant au fait que la construction d’un quai sur la rive nord est essentielle à la rentabilité du projet. Il est impensable, en effet, de faire transiter des milliers de camions hors normes par le pont Dubuc ou par Alma à chaque année. Et, le transbordement du minerai par Forestville se traduirait par des pertes de retombées importantes pour la région.

Il demeure que cette question reste l’élément le plus sensible quant à l’acceptabilité du projet. La compagnie devra continuer, à cet égard, à se montrer à l’écoute des préoccupations des citoyens. Sauf qu’il est, d’autre part, utopique de croire qu’un projet de l’envergure de celui du Lac-à-Paul puisse se faire sans soulever la moindre opposition…

Le projet d’Arianne Phopshate est porteur pour l’économie de la région à court, moyen et long terme. La minière estime plausible une exploitation du site pour une durée d’au moins 40 ans. Durant sa phase d’exploitation, la mine emploierait 500 personnes et contribuerait à créer dans la région une toute nouvelle filière industrielle. La demande pour le minerai apparaît garantie dans un avenir prévisible parce qu’elle est liée à la croissance, incontournable, de la demande en produits agricoles. Autre élément digne de mention, les partenaires actuellement impliqués dans le dossier disposent des sommes nécessaires pour mener le projet jusqu’au début de la phase de construction officielle de la mine, sur le terrain, une étape qui pourrait générer des retombées directes de plusieurs milliards dedollars.

Pour toutes ces raisons, le SaguenayLac-Saint-Jean doit continuer à appuyer le projet d’Arianne Phosphate. En échange, la minière doit aussi, de son côté, continuer à entretenir le dialogue avec la population et avec les élus, dans une perspective d’établir un partenariat réellement gagnant pour les deux parties. L’économie de la région en a bien besoin.

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Numéro de document : news·20140827·QT·0018

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