Chibougamau réclame des améliorations 1


Radio-Canada

Mardi, 16 novembre 2013

La Ville de Chibougamau et son organisme de développement municipal demandent au gouvernement fédéral d’intervenir afin d’améliorer le service ferroviaire vers le Lac-Saint-Jean.

Le rapport préliminaire que vient de déposer Transport Canada sur les chemins de fer dans les petites localités du pays inquiète Développement Chibougamau, parce que le document parle des solutions pour corriger à long terme le service dans l’ensemble du pays, mais ne dit rien sur les infrastructures du tronçon Triquet-Faribault, qui relie Chibougamau à Saint-Félicien.

La Ville de Chibougamau, Développement Chibougamau et Génivar ont pourtant déposé un mémoire au gouvernement fédéral en mars dernier pour dénoncer l’état lamentable du rail, des wagons et du service du tronçon Triquet-Faribault.

Le directeur de Développement Chibougamau, Pierre D’Amour, rappelle aussi que l’exploration minière est en effervescence dans la région. « Notre crainte, c’est qu’il y ait éventuellement une rationalisation et qu’on ferme les liens ferroviaires les moins rentables, dit-il. Pour nous, ce serait une catastrophe. »

Pour leur part, le député bloquiste d’Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Yvon Lévesque ainsi que le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, déplorent aussi le manque d’investissement du CN. M. Potvin juge le tronçon Saint-Félicien-Chibougamau essentiel pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, puisqu’il donne accès au port de Grande-Anse. « C’est un axe stratégique pour l’avenir de la région, souligne-t-il. Il faut s’en préoccuper. »

Au début des années 90, le tronçon reliant la municipalité voisine de Chapais et Lebel-sur-Quévillon, en Abitibi-Témiscamingue, a déjà été abandonné.

Trop lent

L’entreprise Chantier Chibougamau expédie le quart de sa production par train, mais souhaiterait en faire davantage pour améliorer son bilan environnemental.

Le responsable des communications de l’entreprise, Frédéric Verrault, explique qu’il est impossible pour le moment d’augmenter les expéditions par le service ferroviaire parce que le train circule à 40 kilomètres à l’heure à cause de l’état des rails.

« Un orignal qui voudrait faire une course avec un wagon contenant nos produits arriverait plus vite que le train au Lac-Saint-Jean. »         — Frédéric Verreault

Une livraison en train vers Toronto prend plus d’une semaine, alors qu’elle en prend 24 heures en camion. Selon Frédéric Verreault, le calcul se fait facilement quand il faut choisir un moyen de transport. « La notion de livraison Just in time, c’est au coeur de notre relation avec nos clients », souligne M. Verreault.

Le représentant de Chantier Chibougamau aimerait que le gouvernement fédéral investisse autant dans les services ferroviaires qu’il le fait dans les ports de mer.

Le Canadien National répond

Le Canadien National (CN) se défend de négliger le chemin de fer entre Saint-Félicien et Chibougamau. La porte-parole, Julie Sénécal, indique que l’entreprise a investi 1,5 million $ en 2008. La voie ferrée est empruntée par deux trains par semaine et le CN dit que ses investissements sont réalisés de façon à assurer un trafic sécuritaire à 40 kilomètres à l’heure.

« Je peux vous assurer qu’à ce moment-ci, il n’y a pas d’intention de se départir de cette ligne, ajoute Mme Sénécal. On continue à entretenir la ligne, mais il n’y a pas d’investissement à l’ordre du jour. S’il y a une augmentation des volumes, à ce moment-là il va y avoir une réévaluation qui va être faite. »


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Un commentaire sur “Chibougamau réclame des améliorations

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    Josée Vermette Auteur du billet

    « Je peux vous assurer qu’à ce moment-ci, il n’y a pas d’intention de se départir de cette ligne, ajoute Mme Sénécal. On continue à entretenir la ligne, mais il n’y a pas d’investissement à l’ordre du jour. S’il y a une augmentation des volumes, à ce moment-là il va y avoir une réévaluation qui va être faite. »
    L’œuf ou la poule?