Une pancarte contre Arianne Phosphate


Le Quotidien (Saguenay, QC), no. Vol. 46 n° 58
Actualités, jeudi 20 décembre 2018 490 mots, p. 15

 

Anne-Marie Gravel
Une pancarte dénonçant le projet d’Arianne Phosphate a été installée en bordure de la route 172, à Saint-Fulgence, dans la nuit de mardi à mercredi. La Cellule des abysses affirme dans un communiqué avoir posé ce geste afin de dénoncer le « fiasco annoncé » du projet de mine de concentré de phosphate au lac à Paul, au nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Destruction du fjord en cours » et le logo de la minière apparaissaient sur la pancarte plantée devant l’ancienne scierie à Saint-Fulgence, à proximité du site où Arianne Phosphate souhaite construire un port sur le fjord. Mercredi matin, il ne restait plus que la structure de la pancarte, l’écriteau avait disparu.

Dans un communiqué, la Cellule des abysses explique son geste en dénonçant le projet d’Arianne Phosphate et les impacts de sa concrétisation.

« Cette dernière veut exploiter une mine à ciel ouvert près du lac à Paul, sur les monts Valin. La matière première sera ensuite transportée par camion jusqu’au troisième port. Ce projet extractiviste vient mettre en péril l’intégrité du fjord, notre milieu de vie. Il faut ajouter à cela la privatisation des gains et la socialisation des pertes. Pendant que le gouvernement provincial octroie une « aide financière » de 1,5 million de dollars, de notre côté, nous allons nous ramasser avec la désolation environnementale et un immense prix à payer », affirme-t-on dans le communiqué.

La Cellule des abysses souligne que des millions de dollars ont dû être investis en décontamination de sites miniers. « Le tout doit être assumé par les « contribuables ». Gageons que rien ne sera différent avec Arianne Phosphate malgré leurs belles promesses. Après tout, pour les dirigeants de la minière, ce sont les millions de profit qui importent et non notre milieu de vie. »

La Cellule des abysses s’inquiète de l’impact du projet sur l’environnement et de ses retombées économiques.

« Avec les projets à prévoir de Métaux BlackRock, de GNL Québec et des navires de Rio Tinto qui utilisent déjà la rivière Saguenay et le fleuve, il est certain que tout cela vient ajouter plusieurs clous au cercueil des bélugas et de bien d’autres espèces. Et pour quoi ? Une poignée d’emplois et quelques miettes pour la région. Arianne Phosphate estime elle-même que ce projet ne durera pas plus de 26 ans et, qu’au mieux, il y aura la « création » de 1000 emplois directs et indirects. Toujours la même chanson : des projets éphémères qui rasent nos milieux de vie, et, après, nous devrons réparer les pots cassés. [...] Qu’allons-nous faire quand la multinationale aura plié bagage une fois le sol épuisé et les millions amassés ? »

La Cellule des abysses conclut son communiqué en affirmant qu’il s’agit d’une première action et que d’autres suivront. « Les exploiteurs n’ont qu’à bien se tenir. Arianne Phosphate ne gagnera pas. »

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