Voie ferrée entre Baie-Comeau et Dolbeau-Mistassini Ambitieux projet d’un lien de 370 km à 1,6 G$


Le Soleil (Québec, QC), no. Vol. 122 n° 250
Actualités, jeudi 11 octobre 2018 – 426 mots, p. 14

 

Steeve Paradis
Collaboration spéciale BAIE-COMEAU – Une voie ferrée de 370 kilomètres entre Baie-Comeau et Dolbeau-Mistassini, au Lac-Saint-Jean, une ambitieuse idée de 1,6 milliard $. Voilà le projet lancé mercredi par Innovation et développement Manicouagan. Les clients seraient déjà intéressés et le potentiel de développement ne serait qu’à saisir.

Ce nouveau lien, prévu pour 2024 dans le meilleur des mondes, permettrait de créer un corridor ferroviaire nordique plein d’opportunités. Il faut bien comprendre que la Côte-Nord est l’un des rares endroits en Amérique du Nord qui n’est pas reliée directement au réseau ferroviaire continental, à part par le traversier-rail entre Baie-Comeau et Matane.

Le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, estime que ce projet, nommé QcRail, représente une réponse «aux besoins exprimés par les grands industriels désirant accroître leurs volumes de marchandises et optimiser leurs opérations en reliant leurs installations directement au réseau national de chemin de fer».

Baie-Comeau entend devenir une importante porte d’accès maritime avec ce lien ferroviaire, sans concurrencer personne. Ce tour de force se réaliserait par un accroissement significatif des exportations en vrac vers les ports de l’est du pays autour de 2024.

«On veut prendre les marchandises supplémentaires [sur le marché du vrac]», d’ajouter le préfet, soulignant que les clients des ports de Halifax, de Sept-Îles et de Vancouver ne sont pas ceux visés. Les grains, les minerais, les produits chimiques et les produits forestiers font partie des marchandises ciblées par le projet.

Corridor de transport en vrac

L’objectif à long terme de  est de créer un corridor ferroviaire de transport en vrac entre Winnipeg et Baie-Comeau pour faire «une vraie voie de contournement des corridors plus urbains», de souligner le directeur du développement industriel chez Innovation et développement Manicouagan, Guy Simard. «En créant ce corridor nordique, on va aider le réseau plus au sud à se désengorger et permettre le transport de passagers à grande fréquence», a-t-il lancé, dans un horizon plus large.

Selon l’étude de marché du projet, menée par la firme Deloitte, ce corridor nordique permettrait de réduire de six jours le temps de transport entre Winnipeg et Hambourg, un important port d’Allemagne, si la marchandise est transbordée à Baie-Comeau plutôt qu’à Montréal.

Dans les prochaines semaines, les responsables du dossier entendent consulter la population pour connaître son avis sur le projet. On veut également courtiser d’importants partenaires financiers, outre bien sûr les deux paliers de gouvernement, comme les transporteurs ferroviaires nationaux. Le Conseil des Innus de Pessamit est également partie prenante du projet.

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