Serge Simard attaque l’économiste 1


ANDRÉANE VALLÉE

Le Quotidien
15 Août 2018

 

Le député libéral de Dubuc, Serge Simard, dénonce l’analyse de Dick McCollough, économiste senior à la direction générale de l’évaluation environnementale et stratégique du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MDDELCC). Ce dernier a émis de sérieux doutes sur la faisabilité du projet d’Arianne Phosphate, dans une note incluse en annexe d’un document déposé par le ministère québécois dans le cadre de l’analyse menée par l’Agence canadienne d’évaluation environnementale (ACEE).

« S’il l’avait fait en son nom, je n’aurais pas eu de problème avec ça. Mais le gouvernement a accepté et a conduit ses propres études, que cela soit pour la rentabilité ou pour l’environnement. Il ne reste que l’étude du fédéral à obtenir. Ce projet a été autorisé par le ministère en décembre 2015 à la suite d’un rapport qui expliquait que le projet était rentable et qu’il avait un impact environnemental moindre, rapport auquel cet économiste a sans aucun doute participé. L’idée que quelques années plus tard, tout a changé, est incompréhensible à mon avis », a-t-il expliqué.

Selon lui, si l’économiste avait, au minimum, pris la responsabilité sur ses propres épaules, et non sur celles du gouvernement, cela ne serait pas aussi enrageant.

La note est comprise en annexe du document déposé en avril 2018 par le MDDELCC, qui compte 337 pages, en vue de la consultation publique fédérale qui a pris fin lundi. Son contenu, disponible en ligne depuis plusieurs mois, a été rapporté en début de semaine par Le Devoir.

Serge Simard soutient que le gouvernement québécois a investi plusieurs millions de dollars dans les dernières années afin de permettre l’implantation de tels projets dans la province, dont le projet de la mine Arnaud sur la Côte-Nord. « Si on prend les investissements par rapport à l’apatite même, c’est tout près de cinq millions $ qui sont injectés dans le territoire présentement. »

Pour Arianne Phosphate, c’est un peu plus de deux millions $ qui ont déjà été investis par le gouvernement québécois.

Des citoyens en désaccord
Quelques citoyennes s’étaient donné rendez-vous lors de la conférence de presse pour l’annonce de financement pour le traitement des eaux usées, afin de parler au député Serge Simard ainsi qu’au maire de la municipalité du projet Arianne Phosphate. « Nous ne sommes pas d’accord avec ce projet et nous n’avons pas été consultées », a expliqué une citoyenne.

Le maire a répliqué que de multiples consultations publiques ont été tenues, certaines même à Sainte-Rose-du-Nord. « Pour être honnête, j’ai vu plus de citoyens des municipalités environnantes que mes citoyens à ces consultations-là. »

Il souligne qu’il a soumis un mémoire lors des consultations publiques, un mémoire qui a été entériné par le conseil municipal.

Pour le député Serge Simard, comme le projet Arianne Phosphate est dans les livres depuis plusieurs années, les citoyens qui avaient une opinion ou un commentaire à donner ont eu amplement le temps et les occasions de le faire. « Si ça n’a pas été fait, c’est leur problème », souligne le député.


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Un commentaire sur “Serge Simard attaque l’économiste

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    Josée Vermette Auteur du billet

    Ce n’est pas tous les jours qu’on voit en première page du journal un député libéral dénoncer l’économiste sénior de son propre cabinet. Peut-être celui-ci avait-t-il raison? Mr. McCollough se basait sur des documents légitimes de Price Water House, quand même!

    Depuis les 5 dernières années le Collectif de l’Anse-à-Pelletier a décrié la non-rentabilité du projet d’AP avec preuves à l’appui. La pénurie d’investisseurs nous donne aussi raison.
    Le volet transport n’a jamais tenu la route, n’a jamais été recommandé par le BAPE, c’est le Ministre Couillard qui l’a approuvé. Peut-être aurait-il dû s’appliquer un peu plus dans ses devoirs, comme nous l’avons fait. Ils serait sûrement parvenu à la même conclusion que son économiste sénior et que la majorité des organismes environnementaux de la région.
    Depuis le temps qu’on étudie ce projet, le Collectif de l’Anse-à-Pelletier est venu aux mêmes conclusion que monsieur McCollough. Nous abondons dans le même sens.